Agriculture

Etat des lieux

L’agriculture : 6% des consommations d’énergie et 24% des émissions de gaz à effet de serre.
L’agriculture du Pays d’Arles permet de produire de la nourriture pour environ le double de sa population (sauf en terme de protéines animales). C’est également un secteur économique majeur pour le territoire avec 2 500 exploitations et 50% des emplois agricoles du département. Elle soutient également une filière agroalimentaire , elle même créatrice de richesses et d’emplois. Son économie, tout comme sa renommée, repose sur des productions de qualité, spécifiques aux terroirs (riz de Camargue, huile d’olive de la Vallée des Baux, foin de crau). Enfin, l’agriculture rend des services importants à la collectivité pour l’adaptation au changement climatique, notamment le transport de l’eau sur le territoire, l’absorption et l’évacuation des eaux pluviales.

Nombre de personnes nourries par la production agricole du Pays d'Arles

Nombre de personnes nourries par la production agricole du Pays d’Arles (Source : Diagnostic Clim’agri du Pays d’Arles, Solagro, 2014 )

 

L’agriculture du Pays d’Arles présente la particularité d’être très dépendante de l’énergie, en particulier la production maraîchère sous serre et l’agriculture irriguée en Camargue (pompage).
La hausse rapide du prix de l’énergie menace directement les exploitations qui peuvent difficilement répercuter ces coûts supplémentaires sur les prix en raison de la forte concurrence.
En plus de la consommation d’énergie, l’utilisation des engrais minéraux et le brûlage des pailles de riz sont également des sources d’émissions de gaz à effet de serre.

Ventilation des émissions de GES du secteur agriculture du Pays d'Arles en 2010, par gaz et par source

 

L’agriculture est également un secteur qui dispose d’un fort potentiel de production d’énergie renouvelable. De nombreux co-produits agricoles (résidus de culture) et de l’industrie agroalimentaires peuvent être valorisés par combustion, par méthanisation ou en produisant des matériaux. Les toitures des bâtiments agricoles peuvent également être utilisés pour installer des centrales solaires.

Unité de méthanisation de Passel Noyon

Unité de méthanisation de Passel Noyon (source : Atee Club Biogaz)

 

Construction d'un bâtiment recevant du public en paille de riz

Construction d’un bâtiment recevant du public en paille de riz (source PNR Camargue)

 

Fleur d'arbre fruitier

Fleur d’arbre fruitier (source : Pays d’Arles)

L’agriculture est par ailleurs l’un des secteurs économiques les plus exposés aux effets des changements climatiques. Le développement des cultures s’accélèrent sous l’effet des hivers doux. Ces avancées des dates de floraison, de récolte ne sont aujourd’hui pas toujours favorables : des salades qui ne trouvent pas acheteur, des poires qui peuvent rentrer en concurrence avec d’autres régions de production par exemple. Les avancées de floraisons rendent aussi les cultures plus sensibles aux épisodes extrêmes, comme le gel tardif. Ces tendances devraient se poursuivre et poser de nouveaux problèmes sous l’effet des canicules et sécheresses annoncées. La hausse des températures est susceptible de modifier les équilibres de développement (mauvaise pollinisation par exemple), de dégrader la qualité des productions (calibre des fruits insuffisants) ou bien encore de favoriser des problèmes sanitaires. Les événements extrêmes devront quant à eux continuer de faire l’objet d’une surveillance accrue (gel tardif, grêle etc.).

 

 

Le changement climatique, devrait aussi questionner les dispositifs d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Par exemple, en accélérant le développement des plantes, le changement climatique devrait avancer la date de la première coupe du foin de Crau qui est réglementée par le cahier des charges de l’AOC.

Evolution de la date théorique des premières coupes en fonction des évolutions climatiques

Sous l’effet des sécheresses et la baisse des débits du Rhône favorise la salinité des eaux du Rhône et des terres camarguaises. Les riziculteurs ont déjà connu plusieurs crises en 2005, 2007 et 2011, les eaux trop saumâtres pour l’irrigation provoquant des problèmes de germination et de qualité du grain de riz. L’augmentation attendue des sécheresses et la baisse vraisemblable de la qualité des eaux du Rhône (plus saumâtre, plus polluée), pourrait poser des difficultés pour l’agriculture en Camargue.

 

Objectifs et défis à relever

Des gisements importants d’économie d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre ont été identifiés dans le secteur agricole : au niveau des engins agricoles, des systèmes d’irrigation, du chauffage des serres et tunnels et des pratiques agricoles. L’ensemble des mesures pourraient permettre de réduire de 44% les consommations d’énergie et de 39 % les émissions de gaz à effet de serre du secteur.

Economies d'énergie et d'émissions de gaz à effet de serre potentielles selon différents scénarios étudiés

Graphique illustrant les économies d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre potentielles selon différents scénarios étudiés (source : Scénarios d’évolution des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre, Energies Demain d’après étude Clim’agri, 2014)

 

Pour compléter ces efforts d’économie d’énergie, le secteur agricole peut aussi recourir aux énergies renouvelables comme le bois (issus du recyclage des palettes ou de la forêt) pour le chauffage des serres.

La réduction des apports d’engrais chimiques et une gestion différente des sols pourrait aussi permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture sans réduire pour autant les rendements. Cela passe par exemple par le développement de l’usage du compost et d’itinéraires techniques réduisant le labour (semis direct, techniques culturales simplifiées).

La valorisation des coproduits pour produire de l’énergie ou des matériaux est également un enjeu important pour l’agriculture. Le développement de ces nouvelles filières pourrait permettre de créer des revenus complémentaires pour les exploitations et ainsi contribuer à leur viabilité économique.

L’adaptation au changement climatique est un défi majeur pour l’agriculture, bien que ce secteur dispose d’une capacité d’adaptation importante.